Thursday, January 27, 2011

Sur le terrorisme

J’ai grandi dans un pays qui était engagé dans une lutte anti-terroriste infinie. Dans mon imagination, le terroriste de PKK était un être humain totalement irrationnel, méchant, soif de sang. La seule chose à faire pour se protéger était de le tuer. Le terrorisme étant le plus grand problème du pays, une partie importante des moyens publics y devrait consacrer. Education, santé, culture devaient attendre.

Or, il m’a pris pas mal de temps de voir que la réalité était bien plus compliqué que cela. Et il est fascinant de voir que partout dans le monde, c’est toujours le cas dès qu’il s’agit de « terroristes ». Qu’ils soient Kurde, Irlandais, Palestinien, Colombien, Tchétchène, Nigérien, Marxiste ou Islamiste, « les terroristes » ont souvent des motivations, autre que tuer le maximum des gens possible. Leur ressentiment a toujours des fondements, plus ou moins juste.

Pareil, que ça soit l’establishment américain, l’armée turque, M. Putin ou le gouvernement de Sarko ; ceux qui sont trop désireux pour lutter contre le terrorisme ont aussi leur propres motivations. Et leurs jolis discours plein d’amour pour la patrie, l’humanité, pour la civilisation. Et leurs intérêts dans la permanence des guerres.

« La lutte contre le terrorisme », dans son sens utilisé par des gouvernements actuels un peu partout dans le monde est la meilleure mesure pour que le terrorisme ne se termine jamais.

Aujourd’hui, la France doit se poser la question de pourquoi la France et les Français ont devenu au cours des dernières mois, une cible pour des « terroristes islamistes », alors que, pendant les années qui ont suivi la guerre d’Irak, ce n’est jamais était le cas. Est-ce qu’il y a vraiment aucun lien entre ces actes et l’engagement de la France dans « la lutte contre les Talibans et Al Qaida» pour les forces alliés ou « l’occupation illégitime » pour une très grande partie du monde musulman et des Afghans eux-mêmes ?

Aslı Sümer

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